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Travail des enfants : on en est où ?

Journée mondiale contre le travail des enfants

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Travail des enfants : on en est où ?

Publié le 07.06.22 par la team VOISIN·E·S

Journée mondiale contre le travail des enfants OIT

Hasard du calendrier, ce dimanche 12 juin 2022 – fête des pères en Belgique – marquera également les 20 ans de la journée mondiale contre le travail des enfants. Une date importante au regard des 160 millions de mineurs encore exploités dans le monde et qui pose question sur notre responsabilité à tou.te.s. 

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) définit le “travail des enfants” comme tout travail qui “prive les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité et qui nuit à leur développement physique et mental“, soit parce qu’il est nocif et/ou dangereux, soit parce qu’il ne lui permet pas de suivre une scolarité normale. Souvent, ces deux conditions sont elles-mêmes associées. 

Il convient donc de distinguer l’enfant qui travaille du travail des enfants qui, pour ce dernier, relève de l’exploitation – qu’elle soit salariale, psychologique ou corporelle. Aujourd’hui dans le monde, ce sont entre 150 et 160 millions d’enfants qui en sont victimes. Ils ont moins de 18 ans bien sûr mais pour certains, ils n’ont même pas passé le cap de la dizaine. 79 millions d’entre eux exercent un travail dangereux et la covid n’a rien arrangé. En deux ans de pandémie mondiale, ce sont 16,8 millions d’enfants qui ont grossi des rangs déjà bien garnis, un chiffre gigantesque.

Bangladesh & filière textile

Si aujourd’hui nous avons décidé de lier les deux cela n’est pas sans raison. En 2016, près de 3,5 millions d’enfants travaillaient dans l’industrie textile bangladaise et ce 64h par semaine. L’industrie textile est vaste, elle ne concerne pas que la couture mais également les teintures – souvent nocives pour la santé et pour la nature – ou la récolte des matières premières. Des métiers difficiles payés à des salaires dérisoires, des enfants issus des bidonvilles privés de scolarité et d’avenir au profit d’entreprises internationales, dont les vêtements sont ensuite portés par d’autres enfants.

Mais, aujourd’hui, parlons positif. Si le travail des enfants est encore loin d’être aboli dans le monde (spécifiquement sur le continent africain), certaines avancées sont à noter. C’est ainsi que le 22 mars 2022 – “hier” – le Bangladesh a ratifié la convention n°138 de l’OIT concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi. Une victoire. Pourtant cela ne se fera pas du jour au lendemain et bien que les autorités du pays soient confiantes, cela prendra du temps. 

La convention n°138 implique que le pays s’engage à éliminer progressivement le travail des enfants. Celle-ci entrera en vigueur le 22 mars 2023, soit un an pile après la ratification. A cette date, l’âge minimum pour exercer un travail sera revu à la hausse. Pour qu’un enfant travaille il devra avoir atteint ses 14 ans (18 si le travail en question impacte sa santé, sa sécurité ou sa moralité). 

Cette avancée, nous la soulignons car elle est encourageante. Mais qu’en est-il vraiment ? A cette question nous n’avons pas la réponse puisque bien d’autres pays ayant ratifié cette convention sont encore aujourd’hui pointés du doigt pour d’autres matières sociales liées au secteur. 

Et en Belgique ?

Dans notre plat pays, l’âge minimum est fixé à 15 ans, soit un an de plus que le Bangladesh. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Avant de blâmer nos voisins, commençons par notre propre histoire puisqu’il nous a fallu attendre 1988 pour que cet âge minimal entre vigueur. Il y a un tout petit peu plus de 30 ans, des enfants travaillaient dans nos usines. Ne l’oublions pas. 

Qu'est ce que je peux faire moi citoyen.ne ?

Nous aurions aimé vous donner une réponse ferme, cette baguette magique qui nous/vous permettrait d’éradiquer ce problème. Mais si cela avait été aussi simple, ne serait-ce déjà pas le cas ? Alors nous avons décidé de plutôt avancer des pistes. L’accès et l’obligation à la scolarisation semblent jouer un rôle important dans ce phénomène mais en tant que citoyen.ne, nous ne pouvons peser sur de telles décisions – prises à l’autre bout du monde.

Dans ce cas, pourquoi ne pas agir sur ce qui est à notre portée ? Notre consommation. Privilégions les produits issus de pays respectant les droits de l’enfant (et de l’adulte tant que nous y sommes), continuons à faire résonner cette journée, à porter la voix de ceux.celles qui n’en ont pas, à militer pour plus de justice en consommant autrement.

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Tout comprendre sur la Fashion Revolution Week

Fashion Revolution Week

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Fashion Revolution Week : tout comprendre sur ce mouvement mondial qui fait - enfin - bouger la planète mode

Publié le 30.04.22 par la team VOISIN·E·S

Fashion Revolution
Fashion Revolution
Fashion Revolution

Elle était sur toutes les lèvres, au centre de toutes les conversations de la mode durable la semaine dernière. La Fashion Revolution Week s’est tenue cette année du 18 au 24 avril 2022. Mais qu’est ce que représente vraiment cet événement et pourquoi en parle-t-on tellement ? VOISIN·E·S décrypte, pour vous, ce mouvement révolutionnaire qui, on l’espère, fera encore couler beaucoup d’encre.

La Fashion Revolution Week c'est quoi ?

24 avril 2013. Il est à peine 9h lorsque Dacca entre tragiquement dans l’Histoire. Le Rana Plaza, ce colosse de 8 étages situé au coeur de la capitale bangladaise vient de s’effondrer. Les dégâts sont impressionnants, le bilan est lourd : 1138 morts, 2500 blessés. Le bâtiment n’est plus qu’un amas de ferrailles. 

Difficile d’imaginer qu’ici étaient fabriqués les vêtements de dizaines de marques occidentales parmi lesquelles Benetton, C&A ou encore Mango. Et pourtant, en ignorant le rapport d’enquête et la fermeture obligatoire exigée la veille, les dirigeants viennent de condamner l’avenir de milliers de familles.

Comment cela a-t-il pu se produire ? Comment en est-on arrivé là ? Entre colère et indignation, le monde semble soudain ouvrir les yeux sur un secteur jusque là assez peu remis en question. Conditions de travail déplorables, pollution, manque de transparence. Le Rana Plaza marque le début d’une réelle prise de conscience de ce que la fast-fashion a de pire à offrir. 

C’est dans ce contexte que deux créatrices anglaises, Carry Somers & Orsola de Castro, déjà actives dans leur domaine lancent le mouvement. Leur ambition est simple. Le mouvement Fashion Revolution milite pour la revalorisation de l’humain et de la planète dans une industrie dictée par le profit. Plus de transparence, plus de respect aussi. Une tâche gigantesque dans une époque où la fast-fashion règne en maître. Et, pourtant, d’années en années, le mouvement gagne en importance.

La Fashion Revolution Week – semaine de la révolution de la mode – et son petit frère (Le Fashion Revolution Day) marquent ainsi chaque année la date anniversaire d’une catastrophe évitable dont nous devons tou.te.s tirer les leçons. 

Fashion Revolution
Fashion Revolution

Une charte claire

Très vite, la Fashion Revolution s’active et met en place une charte composée de 10 règles d’or, des règles simples et pleines de bons sens qui, à l’époque, constituent une petite révolution. Les entreprises de prêt-à-porter sont encouragées à assurer à leurs employés/ouvriers/partenaires…

  1. Des conditions de travail dignes
  2. Un salaire juste & équitable
  3. La liberté de parole
  4. Le respect des cultures et des héritages
  5. Une solidarité, inclusivité, démocratie
  6. La conservation et la promotion de l’environnement
  7. Le recyclage plutôt que la destruction
  8. De la transparence
  9. Une mesure de succès autre que le profit
  10. La célébration de la vie et la diversité

WHO MADE MY CLOTHES ?

Le mouvement Fashion Revolution incite l’industrie textile à plus de transparence, à célébrer sa chaîne de production, les hommes & femmes qui la composent plutôt que l’opacité des pratiques souvent abusives. A la suite de sa charte, il créé ainsi un hashtag #whomademyclothes bientôt relayé en masse sur les réseaux sociaux. Le principe est simple : prendre en photo l’étiquette de son vêtement pour sensibiliser sur l’origine des produits. 

IL SE PASSE QUOI LORS DE LA FASHION REVOLUTION WEEK ?

On vous l’évoquait au début de cet article : le monde de la mode se met en branle. Au programme : conférences, ateliers, mobilisations virtuelles ou physiques. Les événements se multiplient à travers le globe pour offrir plus de visibilité à la mode éthique et durable de demain. Dans ce cadre, on parle, on rencontre, on échange à propos du vêtement, de ce qui est acceptable ou non. Bref, on parle d’un avenir positif à construire ensemble. 

Fashion Revolution

Et VOISIN·E·S dans tout ça ?

La catastrophe de 2013 a marqué les esprits, nous n’échappons pas à la règle. A l’époque, nous avions respectivement 16 et 17 ans, un âge ingrat diront certain.e.s, un âge où l’on se découvre. 16 ans, c’est aussi l’âge cible de la fast-fashion. Parce que nous sommes influençables, parce que nous avons envie d’être cool, à la mode, “dans le coup”, nous (sur)consommons.

Même s’il nous a fallu du temps pour modifier nos habitudes, le Rana Plaza est sans doute l’un de ces moments marquants qui accompagnent un changement vers une mode plus respectueuse de l’Homme et de l’environnement. VOISIN·E·S a été créé pour cela : prouver que la mode n’est pas qu’une histoire de consommation rapide mais qu’elle peut être respectueuse de tout et de tou·te·s : planète, faune, flore, histoire, culture, etc.